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Fruits et Allegorie En effet, depuis son premier accrochage à Bab El Kébir en 1995, Lamia M. Skiredj n’a cessé de se rechercher. Car, pour elle, l’artiste a souvent cette impression qu’il doit faire plus pour arriver à marquer son temps. Le résultat en fut très probant, puisque le public présent au vernissage, mercredi dernier, a été touché par sa créativité. Ce sont toujours ses pommes et poires qui l’impressionnent et occupent la surface de ses supports. Ces fruits très présents dans notre vie sont vus et interprétés différemment par l’artiste. Ils portent son âme et sa sensibilité.
« En démarrant cette “période”, j’ai pensé que l’histoire de la
pomme et de la poire est étroitement liée à la femme. Son apparence !
Aucun ne sait parler comme elles de désir et d’amour. La femme dont la
pomme et la poire possèdent les rondeurs, la plénitude, la carnation
douce
et lisse… ; n’est-elle pas l’origine de tout ?», nous dira
Lamia qui va plus loin dans son explication en qualifiant la pomme de
matrice de tous les fruits. «Elle représente pour moi une double nature,
une dualité : bénéfique/maléfique. Finalement assez complexe comme
l’être humain ».
Cette pomme fut remplacée, presque totalement, par la poire dans
cette exposition, constituant la trame des émotions de l’artiste. Ces
émotions qu’on ressent à travers la gestuelle des contours et le choix
des couleurs, parfois dégradées et autres franches ou plus ou moins
absentes. Elle s’est essayée à presque toutes les couleurs où le jaune
et doré ont été remplacés par le rouge, le mauve, le vert, le grenat, le
noir,… puis ces dernières années par moins de couleurs. Mais, tout en
gardant le même thème, tantôt en formats volumineux ou en petits dessins
sous forme d’empreintes sur papier.
«De temps en temps, on a besoin ou envie de changer de support.
Cela fait beaucoup de bien. Sur le papier, j’ai été inspirée par la
calligraphie japonaise pour faire mes dessins que j’ai appelés
empreintes. Puis, j’ai travaillé aussi sur le bois qui m’a inspiré
d’autres couleurs et gestuelles. Cela dépend de mon humeur, de mes
pulsions et de ma force», explique Lamia. Son évolution en dehors des
sentiers battus de l’art lui donne un cachet propre à elle, lequel ne
manque pas d’émouvoir le public en lui procurant du plaisir. Ses
recherches plastiques et ses expositions en peinture et en design
séduisent aussi les critiques d’art et les collectionneurs, grâce à ce
nouveau souffle qu’elle transmet dans ses tableaux. «La nature morte
devient un motif équivalent à la représentation d’un corps ou d’un
paysage.
Voilà ce que nous donne à voir la peinture de Lamia Skiredj. Ses
fruits, pommes, poires, cerises ou raisins sont superbement organisés
avec une grande diversité, dans des formats et tailles différents, très
colorés ou en noir et blanc, souvent de grandes dimensions », souligne
l’artiste-peintre et maître verrier, Michel Barbault.
Une belle
installation a été la cerise sur le gâteau de cette prestation où la
poire de Lamia sculptée sur verre et déposée sur un tronc d’arbre
reflète, selon elle, un moment de transparence et de clarté.
Lamia Miriam Skiredj, Une artiste-née
Native de San Antonio (Texas, USA), Lamia Miriam Skiredj a commencé très jeune à dessiner chez une femme russe à Rabat.
À
l’âge de quatorze ans, elle voyage aux États-Unis pour un mois dans un
camp de création, sur la Côte Est. Après avoir décroché son
baccalauréat, elle poursuit des études à l’Académie américaine à Paris,
aux États-Unis à la Philadelphia Moore Collège of Art and Design (1991).
Ce qui lui permet d’exercer en tant que désigner et architecte
d’intérieur, tout en se consacrant à la peinture, sa première
passion.
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