![]() |
|---|
Entretien avec Leila Bahsein-Monnier, nouvellisteLe Matin : Quel est le thème de votre nouvelle ?
Leila Bahsein :
Ma nouvelle parle de Casablanca, une ville fascinante et aux multiples
facettes. C’est aussi la perception sensorielle d’une Marocaine du monde
qui revient pour habiter à Casablanca. À travers une journée passée
dans la ville, on rit de ce qui exaspère et les choses les plus banales
du quotidien sont magnifiées.
Il y a bien sûr une intrigue et une chute surprenante en lien avec le titre, mais si j’en dis plus, je risque de tout dévoiler.
Comment vous est venue l’idée ?
Écrire, c’est
quelque chose qui s’impose à vous. J’avais besoin d’écrire, alors je
l’ai fait. Dans ce sens, l’écriture émane d’abord d’une observation du
contexte dans lequel on s’inscrit. Ici en l’occurrence, il s’agit du
retour au pays de beaucoup de Marocains du monde dont je fais partie.
Autobiographie et imagination se confrontent jusqu’à l’éclosion de
l’idée. À partir de là, les mots vous tombent littéralement dessus.
Combien de temps vous a pris l’écriture de cette nouvelle ?
J’ai
écrit cette nouvelle peu de temps après mon retour, fin 2009, après
quelques années passées en France. Elle est d’abord restée dans mon
ordinateur, avant que je ne décide de l’envoyer au Magazine littéraire
du Maroc (MLM), qui organisait le concours de la nouvelle de Tanger
2011. La nouvelle «Cent dirhams» a reçu le deuxième prix.
L’écriture
de la nouvelle a dû me prendre quelques semaines, sachant que je fais
plusieurs choses à côté. Ceci dit, trouver une chute surprenante est ce
qui m’a pris le plus de temps. De toute façon, quand on écrit, on ne
compte pas.
Cette nouvelle est-elle porteuse d’un message ?
En ce qui me concerne, je n’ai pas écrit cette nouvelle pour passer un message.
Après,
chaque lecteur est libre d’y voir ce qui lui plaît, en fonction de sa
propre sensibilité. Aussi, si elle doit véhiculer des messages, ces
derniers seraient en faveur du développement de l’art et de la culture
dans notre pays. Sans oublier les messages de tolérance qui, à mon sens,
doivent être omniprésents au sein de la littérature en général.
Comment voyez-vous le développement de la nouvelle au Maroc ?
Il
est triste de constater un déficit du lectorat dans le monde et au
Maroc, en particulier, quel que soit le genre. Bien qu’elle ne bénéficie
pas du même écho que trouve généralement un roman, je crois que la
nouvelle a de beaux jours devant elle.
En fait, elle a l’avantage de
mieux correspondre au mode de vie actuel, dominé par la rapidité et les
nouvelles technologies. Je voudrais plaider deux causes : celle de la
lecture et celle de la liberté d’expression. Je conseille aux jeunes
surtout de lire. Lire c’est découvrir les autres et se découvrir à soi.
C’est aussi pouvoir vivre plusieurs vies en une seule. L’art et la
littérature sont comme un rêve. Et quand on rêve, il n’existe pas de
barrières qui puissent nous entraver.
«Cent dirhams» raconte Casablanca
«C’est ce que ma mère m’a conseillé de prévoir à chaque fois que je
sors à Casablanca. Une ville qui allait m’accueillir après mes quelques
années d’expatriation en France. Tu as tout à apprendre de Casablanca
m’avait dit d’un sourire soupirant un Bidaoui rencontré à l’aéroport de
Paris. Désormais, j’allais mesurer le sens et la véracité de sa
déclaration, moi, qui voyais ce retour avec les yeux de celui qui rentre
chez lui le soir après une longue journée de travail.»
Commentaires (~) 



