Entretien avec Leila Bahsein-Monnier, nouvelliste
Date 21/02/2012


Le Matin : Quel est le thème de votre nouvelle ?

Leila Bahsein : Ma nouvelle parle de Casablanca, une ville fascinante et aux multiples facettes. C’est aussi la perception sensorielle d’une Marocaine du monde qui revient pour habiter à Casablanca. À travers une journée passée dans la ville, on rit de ce qui exaspère et les choses les plus banales du quotidien sont magnifiées.
Il y a bien sûr une intrigue et une chute surprenante en lien avec le titre, mais si j’en dis plus, je risque de tout dévoiler.

Comment vous est venue l’idée ?
Écrire, c’est quelque chose qui s’impose à vous. J’avais besoin d’écrire, alors je l’ai fait. Dans ce sens, l’écriture émane d’abord d’une observation du contexte dans lequel on s’inscrit. Ici en l’occurrence, il s’agit du retour au pays de beaucoup de Marocains du monde dont je fais partie. Autobiographie et imagination se confrontent jusqu’à l’éclosion de l’idée. À partir de là, les mots vous tombent littéralement dessus.

Combien de temps vous a pris l’écriture de cette nouvelle ?
J’ai écrit cette nouvelle peu de temps après mon retour, fin 2009, après quelques années passées en France. Elle est d’abord restée dans mon ordinateur, avant que je ne décide de l’envoyer au Magazine littéraire du Maroc (MLM), qui organisait le concours de la nouvelle de Tanger 2011. La nouvelle «Cent dirhams» a reçu le deuxième prix.
L’écriture de la nouvelle a dû me prendre quelques semaines, sachant que je fais plusieurs choses à côté. Ceci dit, trouver une chute surprenante est ce qui m’a pris le plus de temps. De toute façon, quand on écrit, on ne compte pas.

Cette nouvelle est-elle porteuse d’un message ?
En ce qui me concerne, je n’ai pas écrit cette nouvelle pour passer un message.
Après, chaque lecteur est libre d’y voir ce qui lui plaît, en fonction de sa propre sensibilité. Aussi, si elle doit véhiculer des messages, ces derniers seraient en faveur du développement de l’art et de la culture dans notre pays. Sans oublier les messages de tolérance qui, à mon sens, doivent être omniprésents au sein de la littérature en général.


Comment voyez-vous le développement de la nouvelle au Maroc ?
Il est triste de constater un déficit du lectorat dans le monde et au Maroc, en particulier, quel que soit le genre. Bien qu’elle ne bénéficie pas du même écho que trouve généralement un roman, je crois que la nouvelle a de beaux jours devant elle.
En fait, elle a l’avantage de mieux correspondre au mode de vie actuel, dominé par la rapidité et les nouvelles technologies. Je voudrais plaider deux causes : celle de la lecture et celle de la liberté d’expression. Je conseille aux jeunes surtout de lire. Lire c’est découvrir les autres et se découvrir à soi. C’est aussi pouvoir vivre plusieurs vies en une seule. L’art et la littérature sont comme un rêve. Et quand on rêve, il n’existe pas de barrières qui puissent nous entraver.

 

«Cent dirhams» raconte Casablanca

«C’est ce que ma mère m’a conseillé de prévoir à chaque fois que je sors à Casablanca. Une ville qui allait m’accueillir après mes quelques années d’expatriation en France. Tu as tout à apprendre de Casablanca m’avait dit d’un sourire soupirant un Bidaoui rencontré à l’aéroport de Paris. Désormais, j’allais mesurer le sens et la véracité de sa déclaration, moi, qui voyais ce retour avec les yeux de celui qui rentre chez lui le soir après une longue journée de travail.»

Publié le : 14 Février 2012 - Propos recueillis par Afaf Sakhi, LE MATIN

Sujet: Entretien avec Leila Bahsein-Monnier, nouvelliste Source : Article Gratuit Catègorie : Culture
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